2016-2017 : des raisons de se décourager, des raisons d’espérer et de continuer nos combats. Communiqué du 4 janvier 2017

(actualisé le ) par MAN

Des raisons de se décourager

Au-delà des attentats qui ont eu lieu à Berlin et à Istanbul, la fin de l’année 2016 restera marquée par le drame d’Alep.
Srebrenica, Grozny, Gaza, Alep : la liste des villes sacrifiées s’allonge. Si le contexte géopolitique est différent, ces conflits armés ont en commun : l’enlisement dans le temps, le manque de volonté de chercher des solutions politiques, la suprématie du militaire et la barbarie des humiliations et des meurtres. Cela se passe en toute impunité et dans le désintérêt de la communauté internationale. Les institutions onusiennes sont impuissantes à faire appliquer au minimum les règles de la guerre et à protéger les populations civiles. L’objectif stratégique de Vladimir Poutine et de Bachar Al-Assad, soutenu par l’Iran, n’est pas le combat contre Daech et le terrorisme mais l’écrasement de la rébellion démocratique. À l’issue des combats, les chefs de guerre organiseront sans doute une partition des territoires et des zones d’influence de la Syrie au détriment des populations, comme cela s’est passé en Bosnie.

L’année 2016 a vu aussi le renforcement de régimes politiques brutaux et populistes en Turquie, en Pologne, en Hongrie. L’élection de Donald Trump aux USA et le regain de puissance de Vladimir Poutine font craindre des relations internationales tendues.

Des raisons d’espérer

En cette fin d’année, le conseil de sécurité de l’ONU condamne enfin la colonisation orchestrée par l’État d’Israël, avec l’abstention des États-Unis. Le MAN (Mouvement pour une Alternative Non-violente) s’en réjouit. Dans un tout autre domaine, le MAN se félicite d’avoir contribué à la suppression de la publicité commerciale dans les programmes jeunesse de la télévision publique française, par la loi votée ce 7 décembre. Le message du 1er janvier du pape François « Faisons de la non-violence active notre style de vie. Que ce soient la charité et la non-violence qui guident la manière dont nous nous traitons les uns les autres dans les relations interpersonnelles, sociales et internationales » est aussi un signe d’espérance.

Des raisons de continuer nos combats

Dans ce contexte difficile, de nombreuses associations de la société civile sont au travail pour dénoncer toutes les formes de violence et pour mettre en œuvre des alternatives non-violentes.
Sont au travail les lanceurs d’alerte, tous ceux qui dénoncent l’évasion fiscale, la corruption, les dangers du nucléaire civil et militaire.
Sont au travail ceux qui expérimentent de nouvelles formes de gouvernance et de partage du pouvoir dans leur institution et leur association, ceux qui contribuent à loger des familles de migrants à la rue.
Sont au travail ceux qui participent activement aux choix politiques de notre pays et ceux qui cherchent à préserver le plus possible notre environnement.
Sont au travail ceux qui s’entraînent à s’affirmer et à résister aux manipulations, ceux qui cherchent à cultiver ce qui est sain pour leur corps et pour leur vie, ceux qui veillent sur leurs proches fragilisés et ceux qui aident les enfants à grandir.

Concrètement, le MAN poursuit son combat pour le désarmement nucléaire, soutient les résistants non-violents de BDS, Bizi, ANV-COP 21, à commencer par notre ami Jon Palais lors de son procès le 9 janvier à Dax.
Le MAN souhaite une bonne année 2017 à chacun.

Le 4 janvier 2017,
Yvette BAILLY,
Porte parole du MAN



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