Actualisation de la Loi de Programmation Militaire 2024-2030 : le MAN dénonce un vote de plus pour la militarisation
Communiqué de presse du MAN.
Publié le 21 mai 2026.

Ce mardi 19 mai, le projet d’actualisation de la Loi de Programmation Militaire (LPM) 2024-2030 a été adopté à 440 voix par l’Assemblée nationale. Le Sénat débutera l’examen à partir du 2 juin en vue de son adoption définitive.
Le Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN) est fermement opposé à ce projet de loi, dont les dispositions préoccupantes marquent un pas de plus dans la militarisation à l’œuvre.
Le projet de loi approuvé par les députés prévoit un effort supplémentaire de 36 milliards d’euros, qui viennent s’ajouter aux 413 milliards d’euros déjà votés. Depuis la précédente LPM (2017-2025), le budget a augmenté de 40%. En 2030, il devrait atteindre 2,5% du PIB.
Nous dénonçons ces investissements qui profitent en premier lieu aux acteurs de l’industrie de la défense, au lieu de répondre aux besoins prioritaires sociaux, économiques et environnementaux de notre pays. Alors que le taux de pauvreté atteint des niveaux records depuis 30 ans, il nous paraît insensé de prioriser les armes et les munitions plutôt que l’aide aux plus précaires à vivre dans la dignité. Les priorités d’investissement doivent être réévaluées de toute urgence.
Nous nous inquiétons également de la création du dispositif « d’état d’alerte de sécurité nationale » en cas de « menace grave et actuelle ». Défini en des termes flous, ce dispositif nous paraît susceptible d’entraîner des dérives et de porter atteinte aux droits et libertés fondamentales, en l’absence de critères plus précis. Nous avons vu les répercussions délétères qu’ont eu de précédents régimes d’exception sur la société civile. Dans un contexte de recul démocratique, nous demandons des garanties de protection de nos droits plutôt que le vote de menaces liberticides.
Nous soulignons également que la jeunesse est encore une fois en première ligne de ces logiques militaristes. En effet, la loi prévoit la création d’un nouveau service national militaire dès l’été, et la transformation de la journée de défense et de citoyenneté en journée de mobilisation centrée sur les enjeux militaires. Ces mesures marquent un pas de plus dans la préparation des esprits à la guerre. L’armée veut gagner du terrain, et cela commence par l’école. Ces mesures coûteuses ne contribueront pourtant pas à créer des conditions favorables à l’avenir de la jeunesse, qui devrait par ailleurs avoir son mot à dire sur le sort qu’on lui réserve.
Nous le répétons : loin de nous protéger, la course à l’armement et les discours guerriers ne font qu’augmenter les tensions. Nous interpellons les parlementaires sur le fait que cette course aux armements est progressivement dépassée par la prolifération des drones et missiles, rendant illusoire la sécurité promise par les gros moyens actuels.
Un soutien renforcé de la diplomatie doit plutôt être privilégié : l’ONU est un rempart négligé contre les menaces de guerre. Nous rappelons également que bien d’autres menaces pèsent sur notre pays, réelles et pourtant négligées, face auxquelles les armes ne nous protègeront pas (dérèglement climatique, pandémies, montée des totalitarismes).
Il est impératif de repenser nos conceptions de la défense et de la sécurité. Des alternatives existent : les stratégies de résistance non-violente ont fait leurs preuves par le passé, y compris dans les temps les plus sombres.
Le MAN appelle les parlementaires à considérer, dans le cadre de leurs travaux, nos propositions d’alternatives à la défense militaire, à savoir la défense civile non-violente et l’intervention civile de paix. Ces enjeux seront au cœur du colloque international « Se défendre sans se détruire : l’apport de la défense civile non-violente à la défense globale », que nous organisons en partenariat avec quatre autres organisations les 13 et 14 novembre 2026 à Strasbourg.
Sabine Gautier et Xavier Dormont, porte-paroles du MAN
Contact : Maeva Rougé : man@nonviolence.fr – 06 18 91 78 47



