Actualisation de la Loi de Programmation Militaire 2024-2030 : le Sénat surenchérit de 14 milliards d’euros
Communiqué de presse du MAN
Publié le 2 juin 2026.

Ce mardi 2 juin, le Sénat débute l’examen du projet d’actualisation de la Loi de Programmation Militaire (2024-2030), adopté le 19 mai à 440 voix contre 122 par l’Assemblée nationale. Les députés ont notamment voté pour augmenter le budget militaire de 36 milliards d’euros, qui s’élevait déjà à 413 milliards d’euros. En commission, les sénateurs ont proposé de pousser cet effort, déjà colossal, à 50 milliards d’euros. Le MAN réitère son opposition à ce projet de loi qui marque un pas de plus dans la militarisation, et s’indigne de cette surenchère budgétaire dans un contexte socioéconomique tendu.
Dans un courrier envoyé aux sénateurs ce jour, le MAN a réitéré ses préoccupations concernant le texte aux dispositions alarmantes, entre augmentation des crédits, menaces liberticides avec la création d’un nouveau régime d’exception, et mesures d’embrigadement de la jeunesse.
Nous y avons plus particulièrement exprimé notre opposition à l’allocation de 14 milliards additionnels au budget militaire afin de financer notamment l’achat d’équipement et de munitions supplémentaires.
Nous avons souligné que ces investissements profiteront en premier lieu aux acteurs de l’industrie de la défense plutôt que la population civile. Nous le rappelons, compter sur les armes pour nous protéger est un leurre : les civils sont les premières victimes des dommages et destructions causées par les conflits et les guerres.
Surtout, nous réarmer à tout prix ne nous protège pas de toutes les menaces. Alors que la France vient de subir une canicule d’une précocité sans précédent, force est de constater que ce ne seront pas les armes qui permettront de lutter contre le dérèglement climatique.
Encore une fois, nous demandons la réévaluation des priorités d’investissement de toute urgence. D’autres voies sont possibles, et souhaitables, pour renforcer notre résilience face aux menaces qui nous font face, qui ne sont pas uniquement liées aux enjeux militaires.
Nous appelons à une réflexion en vue de repenser nos conceptions de la défense et de la sécurité. La non-violence offre des stratégies crédibles et efficaces. Nous plaidons pour que soient considérées dans les travaux parlementaires les alternatives à la défense militaire que constituent l’intervention civile de paix et la défense civile non-violente.
Plutôt que de militariser la société, civilisons la défense.
Sabine Gautier, Xavier Dormont et Denys Crolotte, porte-paroles du MAN
Contact : Maeva Rougé : man@nonviolence.fr – 06 18 91 78 47
Voici en PDF le courrier envoyé aux sénatrices et sénateurs :



