Birmanie : face à l’armée meutrière, la force de la non-violence

par MAN

Depuis le coup d’état militaire du 1er février, la répression sanglante de l’armée ne cesse de s’accroître contre ceux et celles qui exigent de revenir à la démocratie. Que devrait faire le groupe Total très investi en Birmanie ?

Le MAN tient d’abord à saluer la force et la détermination du peuple birman qui ne veut pas d’une junte militaire corrompue et despotique au pouvoir. Les manifestants pro-démocratie ont le courage de se mobiliser depuis le 1er février de manière non-violente dans les principales villes du pays, malgré une répression féroce. L’armée tire à balles réelles sur des civils désarmés provoquant ainsi un véritable bain de sang avec des centaines de morts. Le général Min Aung Hlaing, chef de la junte, a osé qualifier les opposants « de terroristes qui attentent à la tranquillité de l’État ». Des militaires et des policiers font défection et proposent d’organiser une résistance armée. La guerre civile menace dans ce pays fragilisé par le coup d’état mais finalement uni contre son armée !

Le MAN demande au gouvernement français d’agir pour que des sanctions soient adoptées contre les dirigeants de la junte et contre les entreprises dont les revenus financent la répression, de façon à affaiblir la junte dans sa volonté de se maintenir au pouvoir par la force des armes.

Le MAN relaie l’appel du collectif Myanmar Alliance for Transparency and Accountability qui regroupe 445 organisations de la société civile birmane. Ce collectif exige des compagnies pétrolières et gazières qu’elles cessent immédiatement tout paiement à la junte, seule mesure garantissant le respect des droits humains, comme le prévoit la loi française de mars 2017 sur le devoir de vigilance.

Le MAN s’associe à Greenpeace, Les Amis de la Terre, la Ligue des droits de l’Homme, Info Birmanie, Notre Affaire à Tous, Sherpa et 350.org, pour exhorter le groupe Total à suspendre tout paiement à la junte. En effet, Total est très présent en Birmanie où il exploite des stations off-shore. En 2019, Total a versé 229 millions de dollars à l’état birman. Total doit prendre ses responsabilités et placer maintenant ces millions d’euros sur un compte bloqué en attendant le retour de la démocratie en Birmanie.

Denys Crolotte, porte-parole du MAN



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