Ceci n’est pas une guerre ! Communiqué du 27 mars 2020

par MAN


Ce n’est pas une guerre mais une catastrophe sanitaire. Le Coronavirus n’a ni intelligence humaine ni intention de nuire ; il n’a donc pas d’ennemi et n’est pas un ennemi.

Le Coronavirus apparu en Chine appartient désormais à la chaine du vivant. Il peut développer le Covid-19 qui est une maladie, comme le sont la grippe ou la tuberculose. Le Covid-19 tue. Il ne s’agit ni de meurtre ni de guerre, mais d’un phénomène biologique qui menace maintenant des populations entières et peut conduire à une catastrophe sanitaire mondiale.

Il ne s’agit pas de clamer « Aux armes citoyens ! » mais « Immobilisation générale, tout le monde à la maison ! » Il n’est pas question d’aller affronter l’ennemi, par sol, mer ou air, mais de se protéger du virus ! Les hôpitaux ne sont pas des champs de bataille avec des soldats en première ligne qui manquent de munitions, ce sont des lieux de soins où des professionnels s’adaptent avec courage et détermination à une médecine de catastrophe, malgré des ressources humaines et des moyens matériels qualifiés d’insuffisants depuis trop d’années.

Les métaphores guerrières, que l’on entend se répéter depuis le discours du président E. Macron du 16 mars, n’ont-elles pas pour effet de cautionner un État de plus en plus autoritaire ?

La guerre n’est pas une calamité qui survient sans qu’on s’y attende, c’est une entreprise humaine de destruction. Les vraies guerres, la France les prépare, par exemple en étant le 3° pays exportateur d’armes à l’étranger et en refusant de signer le TIAN (Traité d’interdiction des armes nucléaires).

Il est temps de passer à une culture de non-violence. Alors que le Covid-19 est en passe de provoquer des dégâts sanitaires épouvantables en Afrique, en Inde, dans la bande de Gaza …, ne faudrait-il pas envisager dès maintenant une solidarité concrète à l’égard de ces populations fragiles ?

Le MAN appelle la presse à démilitariser son langage. Il appelle également les pouvoirs publics à une convergence des compétences pour traverser cette crise sanitaire, pour bâtir le « monde de demain », c’est-à-dire une société plus juste, plus sobre en CO2, plus solidaire, plus fraternelle, dans laquelle les plus fragiles, ici et là-bas, seront partie prenante des décisions qui concernent tout le monde, et dans laquelle la défense de la vie sera prioritaire sur l’économie néo-libérale.

Nous invitons les citoyennes et citoyens qui ne l’ont pas encore fait à signer d’une part la pétition pour que la France signe le TIAN et d’autre part la pétition du MAN contre le SNU (Service national universel) qui sera bientôt un temps de militarisation des esprits pour tous les jeunes de 16 ans.

Contact presse : François Vaillant



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