Démocratie participative et non-violence, les jeunes expérimentent  Bilan du week-end jeunes, 20 - 22 octobre 2017

par MAN


Portés par le souci d’avoir des fonctionnements en cohérence avec les objectifs et les valeurs de la non-violence, les jeunes du MAN ont organisé un week-end de formation et d’échanges pour questionner et expérimenter les modes de gouvernance, permettant une démocratie plus horizontale, participative.
Ce fut un succès ! Du 20 au 22 octobre, 19 jeunes adultes âgés de 21 à 35 ans ont participé à ce temps de formation convivial en Drôme provençale.

Au cours de ce week-end, nous nous sommes initiés à la sociocratie en expérimentant notamment deux outils : la prise de décision au consentement et l’élection sans candidat. Sortir de la présentation théorique pour les mettre en pratique par petits groupes nous a réellement permis d’apprécier la richesse et le potentiel de ces outils et de mesurer la rigueur nécessaire à leur bonne mise en œuvre. Nous avons également pu percevoir certaines limites et précautions à avoir, ce qui a nourri nos échanges sur l’importance de sélectionner les bons outils en fonction des objectifs et du contexte.

Un deuxième temps a été consacré à 4 piliers du bon fonctionnement de groupe : le cadre, la construction du groupe, la communication non-violente et la mise en place de mécanismes de régulation des conflits.
Un cadre commun, co-construit et accepté par tous, permet grandement de faciliter le fonctionnement du groupe par l’établissement de règles communes, explicites, auxquelles il est possible de se référer en cas de problème. Comme on le dit souvent au MAN, c’est le cadre qui libère.
Par ailleurs que ce soit un groupe temporaire ou pérenne, il est important de permettre la création d’un lien, d’une dynamique de coopération et d’une atmosphère de confiance pour que chacun se sente investi et accueilli dans le collectif. Par contre le temps passé pour cette construction du groupe doit être proportionnelle à sa pérennité dans le temps. Nous avons pu expérimenter cela à travers différents jeux.
Ensuite, nous avons travaillé sur l’outil qu’est la communication non-violente pour fluidifier le fonctionnement de groupe et les relations interpersonnelles. Les principes de base de cet outil tels que parler en « je », le non-jugement, l’écoute des ressentis, l’empathie, l’identification des besoins sous-jacents, etc., peuvent permettre une communication plus authentique et contribuer à prévenir ou apaiser des tensions dans un groupe.
Enfin il est inévitable au sein d’un groupe que des conflits apparaissent à un moment donné, c’est pourquoi il est essentiel de mettre en place des mécanismes de régulation des conflits. Les prévoir en amont du conflit peut sembler inutile au premier abord mais en réalité c’est un gain de temps, d’énergie et de capital relationnel énorme. Penser des process de régulation des conflits, par nécessité lorsque le premier problème survient est beaucoup plus complexe car lié de fait à une situation et à des personnes spécifiques et à des émotions fortes.

Le dernier temps du week-end a été consacré à une introduction à l’holacratie, un système d’organisation favorisant à la fois l’efficacité et l’autonomie et une gouvernance démocratique. Opérationnellement c’est un ensemble d’éléments auto-régulés fonctionnant à la fois comme entités autonomes et comme parties d’un tout dont elles sont dépendantes. L’holacratie s’est construite autour de l’entreprise principalement, mais nous avons pu voir que son modèle et ses outils sont complètement adaptables à des associations ou ONG.

Ce week-end a ouvert beaucoup de pistes, nous a inspiré, et nous avons hâte de prolonger ces réflexions au sein du Mouvement.

Les jeunes du MAN



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