Des paroles fortes contre la dissuasion nucléaire

par MAN

Dimanche 24 novembre, à Nagasaki, puis à Hiroshima, les deux villes martyres, victimes d’un bombardement atomique en 1945, le Pape François a prononcé des paroles fortes qui condamnent fermement et clairement la dissuasion nucléaire mise en œuvre par les États dotés de l’arme nucléaire. Elles constituent un encouragement à soutenir le Traité d’interdiction des armes nucléaires.

Après avoir rendu un vibrant hommage aux victimes de ces bombardements, dont quelques uns des survivants étaient présents, il a prononcé un discours on ne peut plus explicite sur ces armes de destruction massive : « Je désire redire avec conviction que l’utilisation de l’énergie atomique à des fins militaires est aujourd’hui plus que jamais un crime, non seulement contre l’homme et sa dignité, mais aussi contre toute possibilité d’avenir dans notre maison commune ». Se référant au discours qu’il avait prononcé le 10 novembre 2017 en évoquant « le risque d’une détonation accidentelle de telles armes due à n’importe quel type d’erreur », il a à nouveau qualifié « d’immorale » la possession des armes atomiques.

Puis il a démonté l’argumentaire sur lequel repose la dissuasion nucléaire : « Notre monde vit la perverse dichotomie de vouloir défendre et garantir la stabilité et la paix sur la base d’une fausse sécurité soutenue par une mentalité de crainte et de méfiance qui finit par envenimer les relations entre les peuples et empêcher tout dialogue ». Ainsi la dissuasion nucléaire, dont nos dirigeants se targuent de dire qu’elle est notre « assurance-vie », est-elle condamnée par le pape.

Le pape a redit sa confiance dans les traités concernant le nucléaire militaire, en particulier le Traité de non-prolifération (TNP) et le récent Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) que le Saint-Siège a d’ailleurs ratifié dès septembre 2017. Il réfute ainsi les arguments de l’évêque aux armées français qui, dans un texte récent, après avoir affirmé que « personne ne peut sérieusement prôner un désarmement unilatéral ou immédiat qui serait déstabilisant ou facteur de conflit », ajoute que notre dissuasion est « la clef de voûte » dont « la modification » risquerait d’entraîner « l’effondrement de la voûte entière ».

François a également condamné « l’argent dépensé et les fortunes gagnées dans la fabrication , la modernisation, l’entretien et la vente d’armes toujours plus destructrices » alors que « des millions d’enfants et de familles vivent dans des conditions inhumaines ».

Le MAN, qui depuis de nombreuses années, promeut les arguments énoncés ce 24 novembre par le pape François, ne peut que se réjouir de ces prises de position. Il souhaite que, dans un délai aussi court que possible, des évêques français se solidarisent avec le pape en reprenant ses propos.

Le MAN encourage les Français-es à signer la pétition demandant au Président Macron de s’engager vers une ratification du TIAN, ce qui permettrait aussi de réorienter vers des dépenses plus utiles socialement les 32 milliards d’euros consacrés durant les cinq prochaines années à la dissuasion.

Patrick Hubert, porte-parole

Voir en ligne : Pétition "La Bombe" pour que la France signe le TIAN.



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