Eurosatory 2022 : le salon de la honte !

par MAN

Jusqu’au 17 juin, a lieu le salon de l’armement Eurosatory au parc des expositions de Villepinte. Il réunit plus de 1 000 exposants de 60 pays. Tous les fabricants d’armes françaises y sont présents, dans le but d’y signer des contrats juteux. Il s’agit en réalité d’ajouter de l’insécurité et des guerres sur la planète.

Le MAN a honte du salon Eurosatory. La France a le triste privilège d’être le troisième pays exportateur d’armes, derrière les USA et la Russie. La vitrine d’Eurosatory rappelle que les dépenses militaires mondiales sont toujours en augmentation. Elles représentent près de 2 000 milliards de dollars en 2020 selon le SIPRI (Institut international de recherche sur la paix de Stockholm), soit une augmentation de près de 80 % depuis 1995. La période ouverte par la guerre en Ukraine va accélérer la croissance des dépenses militaires, qui à leur tour nourriront de nouveaux conflits à la plus grande satisfaction des complexes militaro-industriels et de leurs actionnaires. Les ventes d’armes françaises se font dans la plus totale opacité, sans aucun contrôle parlementaire.

Le MAN plaide, depuis sa création en 1974, pour une politique de reconversion progressive des industries d’armement, associée à une mise en place d’une défense civile non-violente qui serait une alternative à l’actuelle défense armée. Les menaces qui pèsent sur les démocraties occidentales ne sont pas d’ordre militaire, mais d’abord d’ordre écologique et social, contrairement au discours néolibéral ambiant.

C’est pourquoi le MAN demande :

  • que la France respecte enfin le Traité sur le commerce des armes (TCA) qu’elle a ratifié. Adopté le 2 avril 2013 par l’Assemblée Générale des Nations Unies, il stipule qu’aucun transfert de matériel militaire n’est autorisé si les armes vendues sont destinées à violer le droit humanitaire international ou à porter atteinte à des populations civiles ;
  • qu’un contrôle parlementaire effectif soit effectué sur ces dossiers de ventes d’armes, avec publication chaque trimestre des contrats accordés ;
  • qu’une commission interministérielle soit créée pour étudier une progressive reconversion des 160 000 emplois directement concernés par l’industrie d’armement. Les outils industriels de l’armement pourraient par exemple être redirigés vers le développement des énergies renouvelables et des appareils de haute technologie médicale que la France achète actuellement à l’étranger.

Le MAN réaffirme que nos dirigeants devraient changer de cap en travaillant à la nécessaire reconversion des industries d’armement vers des biens socialement utiles et nécessaires à la transition écologique.

François Vaillant, porte-parole du MAN



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