Halte au mépris : la démocratie, pas la répression !

Communiqué de presse du MAN du 26 octobre 2010
mardi 26 octobre 2010
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Le mouvement de lutte contre la réforme des retraites s’est accompagné, ces derniers jours, d’actes de dégradations, de saccages de boutiques et d’affrontement avec les forces de police et de gendarmerie. Dans de telles situations, nombreux sont ceux qui appellent au rétablissement de l’ordre public, et en font un préalable à toute discussion. Pourtant, c’est la politique du gouvernement et la dégradation de notre démocratie depuis 3 ans qui doivent en priorité être interrogées.

Alors que le mouvement contre le CPE en 2006 s’était exprimé à travers la créativité non-violente d’une large partie de la jeunesse, le durcissement des réactions dans la rue nous rappelle que la situation politique et sociale s’est considérablement dégradée depuis l’accession de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République en 2007. Force est de constater que la démocratie a reculé d’un grand pas depuis trois ans.

Liberté : la parole de la population, à travers ses moyens d’expression démocratiques habituels, a été niée de manière systématique, parfois méprisante. Tout mouvement social, toute contestation notamment par les moyens de la non-violence active ont subi une criminalisation croissante. Nous sommes entrés dans un régime sécuritaire.
Egalité : ce régime sécuritaire a été mis au service de la protection des intérêts de quelques uns au mépris de l’intérêt de la majorité. Notre régime a atteint un niveau inédit de connivence d’intérêts entre membres d‘une élite politico-économique de plus en plus décomplexés. Le système de justice à deux vitesses qui punit plus lourdement le vol à l’étalage que la délinquance en col blanc est vécu comme une injustice.
Et que dire de la « fraternité » face à l’obscénité du renflouement des banques et aux mesures fiscales en faveur des plus riches, au moment où la « crise » frappe de plus en plus gravement les plus pauvres et où il n’y a plus d’argent pour financer les services publics les plus fondamentaux, au moment où une politique de plus en plus ouvertement xénophobe envers certaines minorités se met en place ?
C’est au final une grave rupture du pacte social républicain qu’impose la politique d’Etat actuelle.

Le blocage des routes et des raffineries ne saurait de même être réduit à une simple « atteinte à la liberté de circuler » comme nous le répète la rhétorique libérale. Cette action redonne aux citoyens, aux travailleurs, à la société dans son ensemble, réduite à l’impuissance par la politique actuelle, la conscience de sa force et de notre capacité collective à imposer notre volonté au gouvernement. Cela participe de la dynamique d’une démocratie.

Le MAN s‘oppose à la logique de la violence économique et sociale émanant de la politique du gouvernement, comme il refuse la violence qui s’exprime dans les saccages et la violence sécuritaire de la répression qui lui répond. A chaque fois, des alternatives sont possibles et nécessaires.

Notamment, nous appelons le gouvernement à faire cesser immédiatement sa politique de répression du mouvement social, envers les lycéen-ne-s en particulier, et à revenir à une pratique de dialogue et de respect de la volonté populaire conforme à une démocratie. Quels espaces l’Etat laisse-t-il à l’expression d’un rapport de force démocratique et non-violent ? Quel état le gouvernement fait-il de la volonté du peuple ? Nul doute que ce respect du cadre démocratique ramènera au plus vite cette « paix sociale » que certain-e-s réclament avec indignation – une « paix » qui ne pourra passer que par la justice sociale.

Contact presse : Katia Roux - 01 45 44 48 25


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