Mouvement pour une Alternative Non-violente

MENU

Mouvement pour une Alternative Non-violente

Je fais un don J'adhère

Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes : les filles et les femmes premières victimes des guerres

Le MAN publie un communiqué ce mardi 25 novembre à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes

Publié le 25 novembre 2025.





Partager :

bouton facebook bouton twitter Bouton imprimer

Voici le texte dans son intégralité :

Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes : les filles et les femmes premières victimes des guerres

À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, l’actualité, les génocides et massacres de masse en cours (Gaza, Soudan, RDC, Yémen, … ) nous obligent à nous interroger plus spécifiquement sur les conséquences des guerres sur les femmes, les jeunes filles et les enfants, et sur leur possible rôle dans les processus de paix.

Les femmes, premières victimes des guerres

Un rapport des Nations unies paru en octobre 2025 note une augmentation de 87 %, soit près du double, des violences sexuelles liées aux conflits, alors que 675 millions de femmes vivent à proximité directe de zones de guerre, donc très exposées.
Conséquences de guerres qui n’ont de moderne que leur technologie de plus en plus meurtrière, les victimes civiles n’ont jamais été aussi nombreuses ; parmi elles, la part des femmes et des enfants a quadruplé en deux ans.

L’ONU parle de violences reproductives pour parler des destructions délibérées des structures de santé visant à empêcher les naissances au sein d’un groupe donné, comme à Gaza.
Ces violences, souligne l’ONU, « ne sont plus des dommages collatéraux : elles sont devenues des armes de guerre, aussi courantes que les fusils d’assaut. »

Par ailleurs, moins de 0.4% de l’aide humanitaire en contexte de conflit parvient aux organisations de femmes.
Faute de financement, près de la moitié des organisations féminines en contexte de crise risquent de fermer dans les 6 mois à venir, tandis que le retrait des missions d’interposition augmente les risques pour les femmes.

Les enjeux pour espérer une amélioration de la situation

La militarisation s’accélère. Les dépenses mondiales d’armement ont vu une hausse de 9,4 % en 2024, hausse la plus forte enregistrée depuis la guerre froide.

Le rapport de l’ONU nous le dit : « Le chemin vers la paix ne passe pas par l’accumulation des armes, mais par l’investissement dans les outils de la paix, la réalisation des droits et le développement durable  ».

Alors que les femmes sont les premières victimes des conflits armés, plus d’une centaine de pays n’ont jamais eu de femme à leur tête, elles ne dirigent aujourd’hui que 29 États.
Neuf processus de négociation sur dix excluent intégralement les femmes.
Sur 36 accords conclus en 2024, 11 seulement comportaient une référence aux femmes ou à la question du genre.

Cependant, les recherches montrent que lorsque les femmes participent, les accords de paix sont plus durables.

Le lien entre le patriarcat, qui veut décider de tout sans en subir les conséquences, et la militarisation croissante de nos sociétés, est clairement établi.
Comme toujours, si l’on veut trouver une solution durable, il faut associer toutes les parties, à commencer par les principales victimes, et celles qui auront à porter le poids des décisions prises.
«  Les femmes ne sont pas des symboles, elles sont ce qui rend la paix possible et durable. »

Le MAN demande :

  • Un abandon de la militarisation de la société, une baisse des dépenses d’armement, au profit des dépenses de santé, d’éducation et de lutte contre les violences
  • Des investissements en matière d’écologie, pour une véritable lutte contre le dérèglement climatique, dans un souci de justice sociale
  • Une véritable éducation au respect, à la régulation des conflits et à la lutte contre toutes les discriminations, dans une approche intersectionnelle
  • Des moyens à la mesure des enjeux, en s’appuyant sur ce qui a été mis en place dans des pays comme l’Espagne, en associant en tant qu’ »expertes » des femmes et des associations reconnues pour leur soutien aux femmes et à leurs luttes, sans discriminations et dans le respect des choix de vie de chacun.e
  • L’État doit interdire les école privées et internats de garçons type « Stérin » particulièrement patriarcal , qui ont pour but de séparer les genres et de dicter à chacun sa place dans une société suprémaciste.

Sabine Gautier, porte-parole du MAN