La France doit réviser sa politique de ventes d’armes à l’étranger Aucun État ne peut servir à la fois la paix et la guerre !

1 | par MAN

La France a livré en 2017 pour 1,38 milliard d’euros d’armements à l’Arabie saoudite, ce qui fait de ce pays le deuxième plus gros acheteur après l’Égypte.
Selon Amnesty International, l’utilisation d’armes françaises - des chars Leclerc et des Mirage 2000-9 - est établie dans la guerre au Yémen où déjà des dizaines de milliers de civils ont été massacrés.

Chars Leclerc français vendus aux Émirats arabes unis et utilisés dans l’offensive terrestre au Yémen [1].

Le débat sur les ventes d’armes à l’Arabie saoudite et aux Émirats unis prend une ampleur considérable en Espagne, en Suisse… La Grande Bretagne et l’Allemagne, sous la pression de leurs opinions publiques, ont proposé à l’Europe le boycott des armes à l’Arabie Saoudite. Le débat sur les ventes de matériel militaire à l’étranger doit s’inscrire, en France comme ailleurs, dans le cadre d’une politique où les Droits humains doivent primer sur l’économie. "La France doit annuler immédiatement ses ventes d’armes à l’Arabie Saoudite et aux Émirats unis", estiment les responsables du Mouvement pour une Alternative Non-violente.

La France est le 3ème pays exportateur d’armes, derrière les États-Unis et la Russie. Les armes françaises vendues à l’étranger sont faites pour tuer, et souvent pour consolider des dictatures en réprimant des populations civiles notamment en Égypte et en Turquie.

Le MAN attire l’attention des pouvoirs publics sur le sondage réalisé par l’agence YouGov, en mars 2018, à l’occasion du troisième anniversaire de la guerre au Yémen :

  • 88 % des Français estiment que la France doit arrêter les exportations d’armes aux pays qui risquent de les utiliser contre des populations civiles ;
  • 74 % jugent inacceptables que la France vende du matériel militaire à l’Arabie Saoudite, et 71 % aux Émirats arabes unis – tous deux clients de l’industrie d’armement française, impliqués dans le conflit au Yémen ;
  • 69 % des Français sont favorables à un renforcement du rôle du Parlement dans le contrôle des ventes d’armes.

C’est pourquoi le MAN demande :

  • que la France respecte enfin le Traité sur le commerce des armes (le TCA) qu’elle a ratifié. Ce traité, adopté le 2 avril 2013, émane de l’Assemblée Générale des Nations Unies et stipule qu’aucun transfert de matériel militaire n’est autorisé si les armes vendues sont destinées à violer le droit humanitaire international ou à porter atteinte à des populations civiles.
  • que les ventes d’armes françaises à l’étranger ne soient plus autorisées par le seul premier ministre - dont les dossiers de ces ventes sont couverts par le secret défense -, mais par une commission de contrôle parlementaire qui publiera chaque trimestre les licences accordées à la vente de matériel militaire.
  • qu’une commission interministérielle soit créée pour étudier une progressive reconversion d’une partie des 160 000 emplois directement concernés par l’industrie d’armement. Sans briser les hommes et casser les outils industriels de l’armement, ceux-ci peuvent être mis à profit pour une autre politique, comme par exemple la recherche et le développement des énergies renouvelables, les appareils de haute technologie médicale que la France achète à l’étranger, etc.

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