Le 17 octobre 2020 : un jour pour des convergences à venir !

par MAN

Ce 17 octobre 2020 ont lieu à Paris trois événements qui préparent aujourd’hui le monde de demain plus écologique et solidaire : le rendez-vous annuel d’ATD Quart-monde au Trocadéro, la marche "Notre assiette pour demain" de Nation à République, et l’arrivée des Marches de la Solidarité place de la Concorde.

Les initiateurs de ces trois événements ont un même objectif : poursuivre leur marche vers un à venir qui ne laissent personne au bord du chemin. Pour ce faire, les modes de mobilisation sont semblables :
- s’adresser à tout un chacun, femme ou homme, jeune ou vieux, pour qu’il prenne conscience qu’il est déjà un acteur de son devenir, et ainsi du devenir de tous, quelle que soit sa situation actuelle, pauvre ou riche,
- partir de celles et ceux qui sont les plus impacté•e•s par les conséquences des crises qui nous affectent pour construire des solutions efficaces qui s’attaquent aux causes de ces crises.

Le symbole de la journée du rassemblement d’ATD Quart-monde est un vélo dont les deux roues sont la "Justice sociale" et la "Justice environnementale", car « la justice sociale et la justice environnementale sont des combats indissociables. Comme pour un vélo qui a besoin de ses deux roues pour avancer, l’une ne va pas sans l’autre. Elles participent à un même mouvement en faveur d’une société plus juste et sans pauvreté, où chacun a sa place dans un environnement sain », lit-on dans le journal Résistances, édité spécialement à cette occasion. Signé par près de 50 responsables d’organisations diverses, syndicales ou humanitaires, l’éditorial met l’accent sur le fait que « lutter pour les droits de tous et pour la préservation de l’environnement, c’est lutter contre un système qui exploite l’humain et les écosystèmes. Prendre soin des humains, c’est prendre soin de la planète ».

Au lendemain de la Journée mondiale de l’alimentation, les organisateurs de "Notre assiette pour demain" dénonceront les ravages de l’agriculture conventionnelle, tant sur l’environnement que sur les paysans eux-mêmes. Ceux-ci sont en effet doublement victimes : d’une part, ils croulent sous le travail et les dettes, d’autre part, ils s’interrogent aussi sur le sens de leur travail. Ce qui a pu conduire certains d’entre eux à s’engager dans une façon respectueuse de travailler leurs sols ou d’élever leurs bêtes. Ils témoigneront des liens que cet engagement a permis de tisser avec des collectifs de citoyens désireux d’une alimentation plus saine. Tous poursuivent l’objectif majeur de construire et partager une organisation de la société basée sur une agriculture autosuffisante et écologique. Il s’agit pour les divers acteurs, là encore, de concilier justice sociale et justice environnementale.

La justice sociale est également ce qui motive les participants aux Marches des Solidarités qui, partis de plusieurs villes de France, convergeront vers Paris avec l’espoir d’être reçus et écoutés par le président de la République. Ces marcheurs, femmes et hommes, sont des « demandeurs de papiers ». Déboutés de l’accueil qu’ils attendaient, ils survivent, dans la peur quotidienne d’un contrôle, en effectuant, au noir, des travaux difficiles pour lesquels certains patrons sans scrupules ne les payent pas toujours. Au mépris de tous les droits les plus élémentaires, ils sont souvent obligés de squatter le toit sous lequel ils pourront s’abriter. Ils veulent dire au Président de la République, et aux Français, leur désir de s’intégrer par le travail dans le tissu social français. D’où leurs principales revendications : l’obtention de papiers, la fermeture des centres de rétention administrative, où sont enfermés des personnes non coupables de délit, et la possibilité d’être logés décemment.

Le Mouvement pour une Alternative non-violente (MAN) salue la concomitance de ces trois événements dont le point commun est la construction d’un monde qui donne enfin la priorité à l’humain ! Il se félicite de ce que les organisateurs soient résolus à en faire des événements dont la violence soit absente. Là où certains voudraient ériger des murs d’indifférence, voire de concurrence, ce 17 octobre 2020 doit être l’occasion de bâtir des convergences concrètes entre ces trois initiatives pour édifier des ponts de solidarité.

Patrick HUBERT, porte-parole



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