Les armes nucléaires de plus en plus dangereuses

par MAN

Il y a 75 ans explosaient sur Hiroshima, puis Nagasaki, les premières bombes atomiques. 75 ans après, la menace de leur utilisation n’a jamais été aussi grande…

Les 6 et 9 août 1945, sous le prétexte fallacieux avancé par les USA de faire capituler le Japon, Hiroshima et Nagasaki devenaient les premières villes à être la cible de bombardements atomiques, faisant des dizaines de milliers de morts et de blessés. Aujourd’hui encore des personnes souffrent de ces bombardements. Les Hibakusha (les survivants) pressent les autorités mondiales d’éliminer à tout jamais ces armes de destruction massive.

Les neuf États officiellement détenteurs de l’arme atomique ne sont pas du tout enclins à s’en séparer ! Ils n’ont pas pris part aux discussions qui ont abouti à la signature par 122 pays, le 7 juillet 2017, du Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN), et s’efforcent depuis d’en freiner la ratification. Cependant quarante États l’ont déjà ratifié et lorsqu’ils seront 50, le TIAN entrera en vigueur, rendant ainsi illégale la possession de ces armes. Leur utilisation a déjà été qualifiée de crime contre l’Humanité par l’ONU.

Ces armes n’ont jamais prouvé leur efficacité supposée, à savoir dissuader un adversaire de s’en prendre aux intérêts d’un État possesseur ou de ses alliés : la Russie a envahi la Crimée, la Chine impose sa loi à Hong-Kong, etc. Elles sont également inutiles pour faire face aux défis du XXIème siècle, en particulier les luttes contre le terrorisme et contre le changement climatique. Les dépenses faramineuses qu’elles entraînent (leur coût annuel en France va passer de 4 milliards d’euros à plus de 6 milliards d’ici 2025), outre qu’elles violent l’esprit de l’article VI du TNP (qui enjoint les puissances nucléaires à éliminer ces armes), se font au détriment d’autres dépenses sociales et environnementales. Enfin la « modernisation » de ces armes par les États dotés, associée à une montée des tensions entre certains d’entre eux (Chine, Russie et USA, Inde et Pakistan, …), augmente considérablement le risque d’un conflit nucléaire. De plus, le statut de dominants des détenteurs attise le désir d’autres Etats de détenir la bombe (Corée du Nord, Iran)

« Nous appelons les dirigeants mondiaux à éloigner l’humanité du précipice », a déclaré Mary Robinson, ancienne présidente irlandaise

La France s’honorerait à initier le désarmement nucléaire des pays dotés en signant et ratifiant le TIAN, ce que souhaite d’ailleurs une majorité de citoyen·ne·s d’après plusieurs sondages.

Le Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN) appelle les parlementaires à se saisir de cette question. Il soutient les manifestations, éventuellement marquées par des actions de désobéissance civile, qui marqueront dans diverses villes de France, notamment à Dijon, le 75ème anniversaire des premiers bombardements atomiques. Une pétition est accessible sur www.fsan.fr.



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