Les débats de la non-violence Mardi 5 mars : La non-violence du juste face à la violence de la Justice

par MAN Nancy

Ces rencontres peuvent se définir comme des « Cercles de tous ceux qui ne sont pas sûrs d’avoir raison », pour alimenter la réflexion en libérant la parole.
Elles ont lieu à La Cantoche, 180 rue Jeanne d’Arc à Nancy.

La soirée du 5 mars sera consacrée à un débat sur le thème "La non-violence du juste face à la violence de la Justice"

État d’urgence, loi anti-casseurs, réforme pénale,...la justice est au centre de
l’actualité. De même que la tendance au populisme : toujours plus de sanctions, de répressions, de peines automatiques, toujours moins d’excuses. « Expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser » a dit un ancien premier ministre. Pourtant, faire preuve de jugement, n’est-ce pas justement prendre de la distance par rapport à une réalité, en s’efforçant de mettre en question, de découvrir des structures cachées pour mieux la comprendre ? « Comprendre avant de juger, expliquer avant de condamner » (Edwy Plenel).

Le procès pénal est un élément clé du processus judiciaire. Christian Verrier, ancien cheminot, enseignant-chercheur en sciences de l’éducation, a été condamné pour avoir refusé en 2017 de siéger comme juré à la Cour d’assises. Il ne voulait pas obéir au tirage au sort qui le contraignait « à devoir devenir membre d’une justice pénale dont certains aspects heurtent (sa) conscience » (De juré à condamné, deux jours en cours d’assises, Christian Verrier, L’Harmattan – 2018). Il développe dans ce livre ses motivations : « Ma position n’est pas une hostilité à toute forme de jugement, et je m’interroge sur le mode de justice le moins mauvais qui pourrait permettre de mieux vivre en société, étant entendu qu’une justice idéale et parfaitement juste est peut être au delà des capacités humaines actuelles. Rien n’empêche cependant d’y tendre le plus possible, d’y réfléchir encore et encore, en un travail que l’on sait sans fin par avance ». Il ne met pas en cause l’intérêt réel des jurys populaires, estimant qu’il s’agit d’un autre débat, mais fait la proposition de reconnaître la possibilité d’une objection de conscience dans cette situation.

Les principes de justice et les pratiques de jugement sont donc en débat :
Que ferions-nous si nous étions appelé.e.s à juger ? Comment reconnaître une clause de conscience sans nécessairement mettre en cause la participation citoyenne dans la justice pénale (largement remise en cause par la réforme Belloubet) ? Que signifient juger et punir, accuser et réprimer ? Comment réparer, sanctionner, exclure, réinsérer ?

Bibliographie :
- Christian Verrier, De juré à condamné, L’Harmattan, 2018
- Antoine Garapon, Frédéric Gros, Thierry Pech, Et ce sera justice ! Punir en démocratie, Odile Jacob, 2001
- Antoine Garapon, Bien juger, essai sur le rituel judiciaire, Odile Jacob,1997
- Michel Foucault, Surveiller et punir, Gallimard, 1975
- Geoffroy de Lagasnerie, Juger, L’État pénal face à la sociologie, Fayard, 2016



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