Les orientations stratégiques 2021 - 2022 Orientations politiques votées le 5 décembre 2020

(actualisé le ) par MAN

Ces orientations ont été votées par les mandatés des groupes locaux réunis en congrès le 5 décembre 2020.

Pour chaque orientation stratégique, des objectifs opérationnels ont été déclinés afin de rendre plus concrets nos projets et permettre l’évaluation de nos avancées. Vous pouvez les retrouver dans la pièce jointe ci-dessous.

Le Mouvement pour une Alternative Non-violente a pour but de promouvoir une réflexion et des actions pour la résolution non-violente des conflits en vue de favoriser le développement d’une société juste, solidaire et tolérante.
Le MAN soutient et participe aux actions de collectifs et partenaires qui font le choix de la non-violence.
Les principes du mouvement sont décrits dans le manifeste « Pour une non-violence éthique et politique ».

Ces orientations présentent les chantiers concrets et prioritaires que le mouvement fédéral se donne pour les deux années à venir. Ces chantiers sont portés par tout ou partie des 19 groupes locaux, des 5 réseaux thématiques et des 4 commissions structurelles.

Aucun groupe ne s’engage à tout faire et les groupes peuvent mener aussi des actions non répertoriées ici.

Solidarité internationale et culture de paix

Vivre en absence de violence militaire est un objectif fondamental de la non-violence. La paix est la condition qui rend possible le respect de tous les droits de l’être humain. Nous devons promouvoir une culture de paix et de non-violence dans les actions internationales. Les Objectifs de Développement Durable proposés par l’ONU constituent un guide intéressant pour notre plaidoyer.

Les orientations plus ou moins explicites de notre soutien international reposaient sur le principe de soutenir les causes :

  • par des moyens non-violents (boycott, enchaînements...)
  • et/ou des luttes menées de manière, si possible explicitement, non-violente.

L’élaboration du principe de l’intervention civile de paix (ICP) permet de mettre en avant :

  • le droit d’ingérence citoyenne dans ce qui se passe dans les autres pays,
  • la priorité accordée à la société civile dans la résolution des conflits (au détriment des solutions militaires),
  • l’application du principe de "tiers médiateurs" dans les conflits à l’international, en envoyant sur place des militants pour faciliter le dialogue entre les forces en présence et pour renforcer les responsables citoyens (syndicats, associations...).

Un autre enjeu important et spécifique du MAN est de considérer nos relations avec des "partenaires" au même niveau que nous, et non pas dans un souci "colonialiste" d’apporter LA solution au conflit des autres.

Nos interventions à l’internationale se trouve guidées par 2 principes :

  • soutien à la résolution non-violente de conflits en soutenant la société civile,
  • inter action entre le vécu là-bas et chez nous,

Et passent par 3 pratiques :

  • informations sur le vécu là-bas, échanges de témoignages et d’expériences,
  • apports réciproque de théories sur la résolution non-violente des conflits,
  • actions réalisées en réseau avec d’autres acteurs associatifs.

Orientations

> Poursuivre notre solidarité avec les acteurs de paix dans le monde.
L’implication des groupes locaux nous permet de continuer les actions de solidarité liées :

  • au Kosovo, dans le soutien aux actions de réconciliation,
  • en Palestine, dans le soutien à BDS et aux associations pour la paix en Israël et en Palestine,
  • en Inde dans le suivi des actions d’Ekta Parishad contre la pauvreté.
  • être en lien avec les réseaux internationaux comme l’International des Résistants à la Guerre (WRI).

> Favoriser le développement des alternatives à la guerre.

  • par le suivi du plaidoyer pour l’Intervention civile de paix (ICP) en France et en Europe,
  • par la reprise des réflexions autour du concept de "défense civile non-violente",
  • par la poursuite de la revendication du désarmement nucléaire mondial et de la France en particulier, en s’appuyant sur le TIAN qui entre en application en janvier 2021. Nous souhaitons porter ce débat dans le cadre des prochaines élections présidentielles.

Transition écologique

Orientations

Les dérèglements environnementaux menacent la vie, dont celle des humains. Parmi ceux-ci, les premières victimes sont les personnes les plus vulnérables. Nous devons participer à la transition écologique et la justice sociale par la lutte non-violente.

> Insister sur la critique de la société de consommation et promouvoir des comportements alternatifs : emprise de la publicité, domination de la voiture, engouement pour la nourriture toute prête, dictature de la mode, gaspillage, prédominance d’entreprises comme Amazon, surconsommation numérique, surconsommation de viandes, tabac, alcool... etc.

> Participer aux initiatives citoyennes et non-violentes et s’impliquer dans les luttes écologiques locales.

> Agir pour une répartition plus équilibrée des richesses naturelles et pour le respect des équilibres sociaux et écologiques.

> Mettre l’accent sur les liens entre les risques climatiques et le nucléaire civil, et sur les liens entre le nucléaire civil et le nucléaire militaire.

> Analyser les enjeux actuels de la pandémie de Coronavirus par rapport à la transition écologique

Tensions sociales

Orientations

> Parce que la précarité est essentiellement le résultat de violences structurelles et aggravée par les conséquences de la crise sanitaire, nous devons exiger la justice pour les opprimés, en partenariat avec des organisations qui accompagnent ces personnes, comme par exemple ATD Quart-Monde, la Cimade, RESF, les associations de soutien aux populations Rroms, etc.

> Parce qu’il faut entendre la violence qui cache des errances, des souffrances et des désespérances, et y répondre en mettant en œuvre une stratégie non-violente, nous devons poursuivre le travail entrepris dans les quartiers sensibles.

> Poursuivre et développer le travail autour des relations jeunes-justice-police.

> Mener une réflexion sur le rôle de la police en démocratie, sur la dérive sécuritaire, sur les causes des différentes violences policières et les réponses possibles.

> Au vu des enjeux de cohésion sociale et de démocratie et parce que le principe de non-violence n’est pas posé a priori comme un dogme mais comme une recherche permanente de sens, nous devons continuer à réfléchir et dialoguer, en particulier sur les questions de laïcité, d’émergence des extrémismes, de radicalisation des postures, de complotisme.

> Mener une réflexion sur les modes de travail et de décision à tous les niveaux.

> Participer à la définition d’une véritable démocratie sociale pour une Protection sociale, écologique et solidaire.

> Remettre en cause le projet de Service National Universel, au nom du MAN et si possible au sein de collectifs, en privilégiant les missions éducatives de l’Education Nationale et le sens de l’engagement volontaire dans le tissu associatif. (Orientation en lien avec le réseau éducation)

Education

Parce qu’il est nécessaire de développer face aux idéologies qui légitiment la violence une "culture de la non-violence" et que la culture commence par l’éducation, parce que nous sommes attendus pour imaginer et construire le "monde d’après" dans le domaine de l’éducation, il nous semble aujourd’hui important de nourrir l’éducation à la non-violence en aidant parents et enfants car « pour éduquer un enfant il faut tout un village » (dit un proverbe africain).

Orientations

> Prendre en compte et améliorer les conditions de vie
Avec d’autres, nous devons peser pour améliorer les conditions de logement, pour adapter les horaires de travail, pour réduire la pénibilité, pour lutter contre l’emploi précaire ou partiel imposé. Par ailleurs, dans nos propositions éducatives, nous devons prendre en compte ces conditions de vie des familles.

> Promouvoir la coéducation

L’enfant, à partir du moment où il est inscrit sur le registre de l’état civil est dépendant de la société tout entière. Il est indispensable de consolider les communautés naturelles pour que chacun se sente inclus, soutenu, pour permettre à l’enfant de se socialiser, c’est-à-dire de devenir capable d’entrer en relations équilibrées avec les personnes de la société, dans leur diversité. Il est indispensable de recréer des relais, indispensables pour dire la Loi, rappeler les règles et protéger.

  • La "coéducation" permet aux différents acteurs, dont les parents, d’avoir une place entière dans la réflexion autour de l’enfant, en particulier dans l’école. Cela commence par exemple par améliorer l’accueil des parents des enfants porteurs de handicap ou en difficulté scolaire, afin qu’ils puissent soutenir leur enfant.
  • La relation éducative non-violente est le point fort à développer dès la petite enfance : en valorisant l’enfant dans le regard de ses parents, en reconnaissant ses capacités scolaires, mais également ses compétences relationnelles, affectives, organisationnelles, son sens du collectif et son intelligence pragmatique ; en valorisant les parents et leurs compétences, quels qu’ils soient ; en développant chez chacun des acteurs la capacité d’écoute et l’empathie, fondement solide pour travailler l’autorité et le cadre relationnel, les règles.
  • La coéducation, cela passe aussi par des mesures politiques comme l’allongement du congé maternité et paternité, afin aussi de donner une vraie place aux pères.

> Travailler avec d’autres et développer des partenariats

Il apparaît clairement que l’amélioration que nous souhaitons en matière d’éducation suppose de travailler avec d’autres associations d’éducation populaire, dont le rôle devrait être soutenu et renforcé ; ainsi qu’avec des acteurs politiques, syndicaux ou autres car cela touche beaucoup de domaines. Et parce que la précarité est essentiellement le résultat de violences structurelles, nous devons exiger la justice pour les personnes opprimées, en travaillant en harmonie avec le Réseau Tensions sociales, et en partenariat avec des organisations qui accompagnent ces personnes.



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