Congrès du MAN les 2 et 3 novembre 2007

Ne nous installons pas dans un Etat de violence ! Motion d’actualité

(actualisé le ) par MAN Lyon

Des rafles de polices à la sortie des écoles ou près des soupes populaires, plusieurs immigrés en demande d’asile politique renvoyés dans leurs pays et assassinés dès leur arrivée, défenestration de personnes (la chinoise Chunlang Zhang Liu, enfant originaire de Tchétchénie,…), assistantes sociales menacées de garde à vue si elles ne dénoncent pas les personnes en situation irrégulière, directives données à l’Agence Nationale Pour l’Emploi (ANPE) demandant aux agents de signaler toute personne en situation irrégulière, loi préconisant le fichage ADN des étrangers candidats au regroupement familial.

A Montpellier, des policiers arrêtent un bus dans une rue du centre-ville sur ordre de la Préfecture et avec lettres du Procureur, contrôlant au faciès les passagers visiblement étrangers, embarquant sans discussion et parfois violemment.

La réalité dépasse l’imagination. La liste est déjà trop longue !
Voilà le terrifiant constat qui s’impose à nous depuis quelques mois en matière de non-respect des droits humains et plus particulièrement du droit des étrangers. A chaque mois sa nouvelle outrance dans la violation des principes fondamentaux de liberté, d’égalité et de fraternité qui ont jadis animé l’esprit de notre République Française.
Les objectifs chiffrés de reconduites effectives à la frontières de personnes en situation irrégulière, mis en place par l’ex-Ministre M. Sarkozy en 2003, constitue un maillon important dans la mise en place de cette politique. Le chiffre des reconduites s’accroît chaque année, il est passé de 10 000 en 2002 à 28 000 prévues en 2010. Pour l’année 2007, il est de 25 000... dont "seulement" 12 700 ont été réalisés fin août. Dans ce contexte, les Préfets en mal de reconnaissance doivent déployer des trésors d’imagination pour remplir les quotas désignés par le Ministère de l’Intérieur puis par le "Ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale", atteignant et franchisant les frontières de nos lois démocratique. L’ensemble des fondamentaux de liberté individuelle sur lesquels est basée notre démocratie sont anéantis et foulés par ces pratiques. Nous ne pouvons nous taire.

Nous ne pouvons qu’admirer les nombreuses personnes, souvent constituées en réseaux ou associations (Cimade, RESF,…) qui partout en France entrent en dissidence face à cette violence exercée contre les étrangers. Nous ne pouvons qu’admirer les personnes qui s’opposent aux rafles d’étrangers, devant les écoles, dans les aéroports et les avions, dans la rue, dans leur travail et dans leur famille. La désobéissance civile de nombreuses personnes face à ces pratiques indignes est peut-être la seule attitude humaine dans un tel contexte.

Des magistrats font le choix de conserver l’indépendance de la justice en « cassant » près de la moitié des procédures d’expulsion, des policiers expriment eux aussi des réticences profondes face aux pratiques qu’on les charge d’accomplir, parlant d’un « détournement du service public » et dénonçant l’illégalité de ces procédures (Pierre Willem, porte-parole du syndicat UNSA police, le 10 octobre). Il est important de lancer des ponts entre fonctionnaires et citoyens qui ne sauraient s’accommoder de cet état de fait.

Au-delà de ces nécessaires gestes de résistance, c’est toute une politique fondée sur la peur de l’autre, l’exclusion des étrangers et des pauvres, la répression envers les opposants, le contrôle social et technologique, qui est en cause. Une société ne peut se fonder sur de telles pratiques contraires à l’esprit et aux valeurs de la non-violence. Le contrôle généralisé ne touche pas seulement les étrangers mais l’ensemble de la société dans son aspiration à être humaine. C’est la démocratie qui est en danger.

Mouvement pour une Alternative Non-violente.



En librairie