Communiqué du 10 juillet 2013

Non à l’appel à la violence contre les Roms !

par MAN Lyon

Le maire de Nice, Christian Estrosi, appelle les maires de France à « la révolte » contre les Voyageurs qui s’installent, sans droit ni titre, sur des terrains publics ou privés. « À partir du moment où on préfère, dit-il, envahir sans droit ni titre, et notamment des terrains de football comme la semaine dernière, et qu’on rentre par effraction, je considère qu’on est un délinquant », avant d’ajouter que "les Roms sont souvent des étrangers en situation irrégulière".

De nouveau, comme en 2010, la confusion entre les Roms et les Voyageurs est effectuée. « Les propos xénophobes de Christian Estrosi sur notre communauté déshonorent la République, c’est lamentable de la part d’un ancien ministre », déclare Alain Daumas, président de l’Union française des associations tsiganes (UFAT). Pour lui, l’ancien ministre entretient « l’amalgame » entre Roms et gens du voyage « pour appuyer sa campagne » pour les municipales de 2014. C’est, du reste, ce qu’annonçait l’éditorialiste du quotidien Le Figaro *, en mai dernier, en écrivant : « le piège des Roms pèsera très lourd sur le scrutin des municipales », et encore : « de gauche comme de droite, les élus locaux appellent au secours ». C’est une véritable machine de guerre électorale que nous voyons s’installer !

Les Tsiganes, Français ou étrangers, redeviennent, comme il y a trois ans après le discours de Grenoble en juillet 2010, les boucs émissaires, coupables de tout, « ces pelés, ces galeux d’où nous vient tout le mal ».

Le fait que des Voyageurs français n’aient pas suffisamment de lieux où stationner est passé sous silence. La loi de juillet 2000, sur le stationnement de nos compatriotes vivant en habitat mobile, n’est pas respectée par de très nombreux maires.

Le fait que des Roms étrangers, le plus souvent roumains, soient considérés comme des indésirables à chasser et poursuivre partout, n’est pas évoqué , alors que ce sont nos concitoyens européens et qu’ils ont donc droit de vivre au sein de l’Union européenne, dont la France),

Le MAN dénonce ces dangereux appels à la violence qui aboutissent à dresser des élus et des citoyens contre une population -qu’il s’agisse des Roms de France ou des Roms en France- qui est condamnée à vivre dans l’irrégularité faute de lieux où résider dans la dignité. On ne réglera pas les difficultés existantes par des condamnations publiques en s’exonérant de nos responsabilités vis à vis de familles qui, ni plus ni moins que d’autres, ont droit, dans notre société, à l’hospitalité.

* Thréard Yves, La gauche dans le piège des Roms, journal Le Figaro, 14 mai 2013, page 1.

Pour le MAN
Jean-Pierre DACHEUX



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