Organisation d’une Auto Défense Non-violente
un document de notre ami catalan Marti Olivella i Solé
Publié le 30 janvier 2026.

Tant qu’il n’existera pas d’alternative de défense non-violente, les sociétés continueront à danser au rythme de la musique militaire dramatique et à justifier leur existence sous le couvert du droit à la légitime défense.
Depuis des siècles, on nous a fait associer la légitime défense (protection et sécurité) à la défense militaire armée violente (vulnérabilité et insécurité), de sorte que nous ne réalisons plus à quel point la défense militaire armée violente est l’arme des puissants pour maintenir ou redistribuer leurs privilèges et accumuler plus d’argent, tant dans l’industrie et le financement de la destruction que dans la reconstruction. Au nom de la défense, celle-ci génère plus de destruction qu’elle ne prétend en éviter.
Tout peuple, toute nation, tout État... a droit à la légitime défense, mais celle-ci n’est ni efficace ni légitime si elle repose sur la destruction de son adversaire, qui invoque également la légitime défense. Et encore moins à l’ère de la menace nucléaire : son utilisation au nom de la légitime défense conduit à une destruction mutuelle assurée !
Les sociétés doivent améliorer leur sécurité mutuelle et, pour cela, elles doivent réduire tout système et toute dépense qui constituent une menace pour les autres sociétés et pour le monde.
La voie de la défense militaire violente n’a pas d’avenir. Il est donc nécessaire de miser sur des voies civiles de défense non-violente. Cependant, les quelques États qui ont mis en place des politiques de défense civile l’ont fait uniquement en complément de la défense militaire.
Tout comme les premiers objecteurs ont montré, grâce à des services civils autogérés, qu’il existait une alternative au service militaire obligatoire, nous devons aujourd’hui démontrer que nous avons des alternatives aux systèmes de défense et de sécurité militaires violents grâce à un réseau de groupes civils d’AutoDéfense Nonviolente sur le territoire.
Sur l’auteur :
Martí Olivella i Solé (Barcelone, 1955) a été membre du premier groupe d’objecteurs au service militaire (1975-1977), où il a appris dans la pratique les éléments clés de la lutte non-violente avec Pepe Beunza. Il a été emprisonné pendant cinq mois au château de Sant Ferran (Figueres). Le mouvement des objecteurs a obtenu la reconnaissance du droit à l’objection au service militaire dans la nouvelle constitution de 1977. Et, grâce à un million d’objecteurs et 50.000 insoumis, le service militaire obligatoire a été aboli en 2001, première étape vers un monde sans armées ni guerres.
Cependant, étant donné qu’une partie des causes des guerres sont dues au système politique et économique, il s’est intéressé, grâce à Lluís Maria Xirinacs, à l’élaboration de modèles alternatifs de société autour d’Agustí Chalaux, au Centre d’Estudis Joan Bardina et, plus tard, à Ecoconcern-Innovació Social. C’est au sein de l’association Nova-Innovació Social (NOVAC) qu’il a repris les propositions d’alternatives aux armées : avec les marches pour la culture de la paix, avec le conte El planeta del foc, avec le projet Castell per la Pau et avec les projets de soutien aux mouvements non violents en Irak, en Palestine, au Liban...



