TCL : la solidarité n’est pas un délit ! Communiqué du MAN Lyon du 27 septembre 2018

par MAN Lyon


Le lundi 24 septembre 2018, le Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN) a organisé une action de désobéissance civile non-violente contre le délit de solidarité dans les transports en commun.

A Lyon, les tickets de transports en commun (TCL) ne sont pas nominatifs et sont valables pour la durée d’une heure.
Il est d’usage depuis longtemps de laisser son ticket usagé en sortant pour qu’il serve à quelqu’un d’autre. C’est un geste de solidarité et de lutte contre la précarité et l’exclusion, qui mérite d’être encouragé.
Le Sytral, organisme gestionnaire des TCL, nous interdit pourtant de donner notre ticket à une autre personne ou de le déposer sur une borne en sortant du bus, du tram ou du métro.
Il menace d’une amende toute personne qui partagerait son billet encore valide. C’est le « délit de solidarité ».
En 2017, une pétition signée par plus de 10 000 personnes demandait d’annuler cette règle. Elle n’a pas été entendue.
Le 24 septembre, 300 personnes se sont rassemblées à la sortie du métro place Bellecour pour dire « Non au délit de solidarité. Je continuerai à donner mon ticket ». 440 000 personnes ont été touchées part cette action via les réseaux sociaux.

Nous demandons au Sytral d’annuler au plus vite cette règle antisociale, qui semble motivée par la loi du profit maximal.
Au lieu d’appeler au repli sur soi et à l’indifférence aux autres, le Sytral devrait encourager les comportements humains et solidaires dans le réseau des transports en commun.

Le Sytral affirme qu’il ne verbalise pas dans les faits les personnes qui donnent ou qui prennent un ticket en cours de validité. Nous avons pourtant récolté plusieurs témoignages de personnes qui ont reçu des amendes pour cela. Par ailleurs, souvent les agents viennent enlever et déchirer les tickets qui ont été déposés sur les bornes.
Il invoque l’existence d’abonnements à des tarifs sociaux. Mais c’est méconnaître le fait qu’il est parfois complexe de rentrer dans les critères voulus, et difficile de faire des démarches administratives lorsqu’on est dans la précarité. Dans les faits, de nombreuses personnes pauvres renoncent à se déplacer du fait du prix des transports.
On nous répond enfin que l’interdiction de donner son ticket a pour but d’assécher les « réseaux » qui revendent des tickets à la sortie de certaines stations de métro. Mais ici c’est la revente qui pose problème, pas le don.

Le MAN a demandé un rendez-vous à la présidente du Sytral et n’a pas reçu de réponse à ce jour.
Parfois ce qui est illégal est légitime. Nos continuerons à dire « Non au délit de solidarité dans les TCL » et à donner notre ticket.

Guillaume Gamblin du MAN Lyon



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