Violences sexuelles : sortir de la loi du silence

Un fait divers agite le monde politico-médiatique depuis le 15 mai 2011 : l’implication d’un oligarque français dans une affaire de viol aux Etats-Unis. Le MAN rappelle que les violences sexuelles, comme les violences conjugales, sont loin d’être reconnues et touchent toutes les classes sociales.

Sans préjuger de la responsabilité ou non de Dominique Strauss Kahn, ex-président du Fonds Monétaire International, un moment favori des sondages pour les élections présidentielles de 2012, en France, ce fait divers met en évidence le type de relation que certains hommes de pouvoir entretiennent avec les femmes.

Il y a en France 8000 viols recensés officiellement par an soit 1 viol par heure. Les victimes sont à 96,3% des femmes et, très majoritairement (dans 74 % des cas), elles connaissent leur agresseur. Les associations de soutien aux femmes victimes de violence estiment qu’il y a, en réalité, environ 25 000 cas de viol en France par an. Le décalage entre ces deux chiffres tient au fait qu’il est encore aujourd’hui difficile de se rendre à la police pour déclarer qu’on a été violé-e et déposer plainte !

Pour les auteurs de violence sexuelle, l’acte sexuel est d’abord un acte de prédation, non un acte de désir et de plaisir mutuel. Certains hommes de pouvoir pensent que rien ni personne ne peut résister à leur volonté, à leur désir d’emprise et de contrainte.

L’impact important, dans l’opinion publique française et internationale, de ce que la presse appelle désormais « l’affaire DSK », touche également au rôle de la justice et à l’égalité démocratique. Il reste impensable, pour nombre de citoyens, de voir un membre de l’oligarchie politico-économique mondialisée traité de la même manière que n’importe quel autre prévenu ! Nous avons intégré, dans nos représentations intimes, l’intouchabilité de certaines personnalités, ce qui est, pourtant, contraire aux principes fondamentaux d’une démocratie réelle.

Eduquer au respect

Un énorme travail de prévention est à mener pour aider les hommes à déconstruire l’idée d’une identité masculine fondée sur la violence. Les pré-adolescents et adolescents devraient être touchés les premiers par ces actions de prévention. L’enquête nationale sur les violences envers les femmes en France (ENVEFF, décembre 2000) révèle que l’adolescence est une période très exposée. Souvent, par peur de « ne pas être comme les autres », les adolescents reproduisent des comportements sexuels dominants, bien véhiculés par la pub, la télévision, les jeux vidéo, les films à succès, les sites Internet. Les premières relations amoureuses sont souvent l’occasion d’expérimenter ces rôles sociaux encore bien ancrés dans l’inconscient collectif, alors qu’elles devraient être les prémices d’une relation sereine et équilibrée.

Le MAN tient à dénoncer cette violence des relations de l’intime, qui reste encore tabou. Une éducation dès le plus jeune âge, fondée sur le respect de la différence, sur une vraie rencontre de l’altérité, permettrait d’aller vers des relations homme-femme plus harmonieuses.

Contact presse : Delphine Leray - 01 45 44 48 25



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