Dérive sécuritaire : refuser la peur et entrer en résistance Communiqué de presse du MAN du 25 août 2010

(actualisé le )

Le MAN dénonce l’accentuation de la politique sécuritaire mise en place par Nicolas Sarkozy. Comme avec le débat sur l’identité nationale, il creuse dans les esprits des individus et dans la société les sillons d’une politique d’extrême droite qui s’alimente du racisme, de la xénophobie et de la peur des autres. Le MAN s’inquiète des violences et du climat de tensions sociales qui découlent de cette politique de stigmatisation et d’exclusion. Ce qui est en œuvre dans cette démarche s’inscrit dans une logique de désintégration sociale porteuse de graves dangers.

En ce qui concerne la délinquance, le gouvernement accentue l’amalgame entre immigration et délinquance, annonçant la remise en cause de la nationalité française pour des personnes naturalisées ou des personnes nées en France de parents d’origine étrangère. Seul le Front National, depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, a proposé comme mesure systématique, la déchéance de la nationalité, et il faut remonter au régime de Vichy pour trouver une application d’une telle mesure, quand Pétain a déchu les juifs étrangers de la nationalité française. Il est en outre envisagé de condamner des parents de jeunes mineurs récidivistes, donc des personnes qui n’ont commis aucun délit. Ces projets de lois sont contraires à la constitution de la Vème République de 1958, en particulier de son article 1 : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. » Tout citoyen doit être sanctionné pour le délit ou le crime qu’il a commis et non pas en raison de ses origines.

La campagne anti-Roms, élargie à l’ensemble des « gens du voyage », a dépassé le seuil de ce qui est admissible dans une démocratie. Le démantèlement de l’ensemble des camps précarise un peu plus une population déjà malmenée et stigmatisée partout en Europe. Comme le soulignent les associations de solidarité avec les Roms, l’aide au retour est un dispositif onéreux qui n’apporte pas de solution pérenne pour ces familles. De plus c’est ne pas tenir compte du fait que les Roms de Roumanie ont, comme tous les membres de l’Union Européenne, un libre droit de circulation sur le territoire. S’il est un peuple qui se sent Européen au-delà des frontières c’est bien celui des Roms.

Le MAN dénonce cette éthnicisation des questions de sécurité, et appelle donc l’ensemble des citoyens de ce pays à manifester publiquement leur opposition aux stratégies de stigmatisation et de discrimination et aux logiques de « guerre » qui menacent le vivre-ensemble. A cet effet, nous invitons toutes celles et tous ceux qui refusent une telle politique à s’y opposer sur le terrain chaque fois que l’occasion en est donnée, par tous les moyens non-violents qui sont à leur disposition, et à témoigner de leur solidarité active à l’égard de toutes celles et ceux qu’elle prend pour cible. Il est de notre responsabilité d’entrer en résistance en désobéissant à des lois injustes et à des dispositifs iniques. Ensemble redisons notre attachement à la liberté, à l’égalité et à la fraternité qui sont et resteront notre bien commun inaliénable. Le MAN appelle à participer aux rassemblements organisés à Paris et en régions le samedi 4 septembre pour s’opposer à cette politique d’exclusion et de stigmatisation.

Contact presse : Katia Roux - 01 45 44 48 25

CP n°41 - MAN - Dérive sécuritaire


En librairie